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Cœur inexprimé, douleur fantôme

Telle une navigation nocturne vers un lointain phare éteint, je me dirige vers le bonheur sans directions.

Grandes attentes

Il serait temps de chanter, dehors, dans un grand air, face au grand vide. Chanter avec panache, avec rythme, dans une danse inépuisable. On chanterait dehors, dans la nature, face à personne, on danserait dans l'immensité, dans rien, pour se sentir exister, pour vivre plus fort. Nos membres bougeraient selon le rythme de l'air, ne laissant plus que le son fou et profond des talons sur les pavées. Mais d'abord, je laisse mon corps s'étirer dans mon lit.

Jusqu'ici, pas de monstres.

Mes choix n’en étaient pas jusqu’à ce que je réalise que j’en avais fait des mauvais

Nous sommes les capricieux bébés qui braillent dans l’espace-temps.

Hier soir, quand j’ai vu la moitié de cette feuille coincée sous une pile de livres s’agiter à chaque passage du ventilateur, je me suis dit que c’était inutile. Qu’en restant allongé à regarder cette scène, par mon inaction, je fatiguais l’univers. Je faisais s’agiter inlassablement des atomes pour rien. De l’énergie était dépensée pour rien. Et cet aller-retour du ventilateur sur la feuille me faisait attendre, avec une pointe de curiosité, le prochain moment où la feuille allait bouger brusquement, pour rien, sachant que rien ne pourrait arrêter cette boucle inutile si je n’intervenais pas. Alors ça m’a fait penser : combien de choses semblables se produisent dans l’univers sans que je puisse rien y faire ? Combien de choses se répètent inutilement en boucle, fatiguant l’univers par ces actions vaines, sans que rien ne puisse jamais les arrêter ? Je pense que tout ça est trop. Qu’on devrait arrêter de fatiguer ces atomes, ces molécules, de les agiter sans cesse pour aucune raison, j...

Trinquons haut nos verres pour s’interdire de baisser les bras.

Sens dessus-dessous

Sous cette demie-lune d'été ; perché en haut de cette tour radio ; pris dans la brise du crépuscule ; au-dessus du grand bleu ; sous le chant des oiseaux et au-dessus de celui de la mer ; entre deux états, deux mondes, deux vides ; je tombe sur une lettre d'amour qui m'est adressée.

Les jambes tremblantes, faisons résonner nos coupes de champagne.

Il m'a toujours pris comme un urgent besoin de respirer

Rêver de paix absolue, c'est rêver de solitude absolue

L'impossible est envisageable.

Whistles in the dark night

- Réfléchi bien à la réponse que tu vas me donner, je ne vais pas répéter ma question. Et regarde moi quand je te parle. - Et sinon ? - Sinon tu fini tes jours entre quatre murs à récurer la merde de tes camarades de cellules. C’est plus clair ? -   Je me demande qui en aurait les mains les plus sales. -   Je ne suis pas responsable de ce qui est arrivé à ta famille. C’est… C’est un terrible accident. -   Un terrible accident ? Rentrez chez sois le soir et retrouver sa famille fusillée dans le salon c’est un terrible accident ? Tu te fous de ma gueule ? Tu penses que je serai qui demain, hein ? Tu penses que je serai toujours le John Davis qui organise le loto de la kermesse ? Tu crois vraiment que j’aurai encore le courage de sourire après ce qui est arrivé ? Un terrible accident ? Hein ? T’es quand même une sacré enflure pour oser me parler comme la pire des merdes. C’est une technique de flic ça ? Etre un vrai trou du cul jusqu’au bout ?  -   Pour l’amour de ...

Une œuvre est réellement achevée lorsqu’elle a fini de susciter la dernière pensée à son sujet.

Nous sommes tous déjà mort un peu plus tard.

Tableau

Un  tableau, c’est tout d’abord  une  fine  ( é ) toile blanche   émanant du   firmament  de nos  rêveries .   C’est u ne  voute  onirique ,  un  reflet de  nos  lac s   imaginaires .   C'est une pièce d'eau où  le flot  d'un  pinceau cultive la peinture,   Où  des  couleurs  glissent et  se complémentent,   Et o ù   une  œuvre  embarque  sans un  sous-verre   les ressources  d’une âme .   Finalement  afflue  un  torrent  d ’ émotions ,  venant  s'échouer  sur  une  p lage blanche .

Nous vivons pour connaître une meilleure mort.

Allons frapper de nos souliers les pavés humides de la nuit.  Pour retomber avec fracas dans l'ombre du monde.

Espoir sans limite

Et si, malgré tous les malheureux évènements, on décidait d'être heureux ici et maintenant ? Et si nous décidions sincèrement et tout de suite d'accomplir cette idée surréaliste ? Et si nous défions ce destin qui nous érode et nous humilie chaque jour qui passe ? Et si nous décidions de refuser cet état ? Et si on se détachait de la masse humaine, digne, déclarant au ciel : "Jusqu'ici d'accord, mais aujourd'hui je refuse que nos vies n'aient aucun sens. Je refuse que la mort soit la fin de tout. Je me présente à toi, ciel noir et silencieux, pour t'annoncer que nous sommes prêts à nous battre. Soit témoins de notre courage, de notre espoir, de notre soif de liberté." Tel un être seul et en colère, vivant éphémèrement entre deux inexistences, au sein d'un ridicule espace encerclé d'un vide cosmique, et isolé à l'infini de toute oreille qui pourrait seulement l'entendre.

Liberté

Plus jamais je ne me perdrai sous les gouttes glacées caractéristiques des nuits intemporelles. Je claque la porte derrière moi et y reste collé, encore mouillé, mon cœur brisant sa routine. Un rapide coup d'œil à la fenêtre me terrorise. Je m’y vois encore, comme un fou, englouti dans la nuit, à quelques rues d’ici, qui me paraissent comme le bout du monde maintenant. Quelle idée d’avoir pris si soudainement mes jambes à mon coup, d’être sorti en un éclair sous un torrent de tristesse sans aucune raison ? Peut-être en avais-je besoin, d’un moment de frayeur semblant hors de portée ; de ce quelque chose de singulier et d’effrayant que peux m’apporter une lune sans lumière.  Une lune interdite, qui me chuchota une part de ses secrets. Plus jamais. Plus jamais je ne veux ressentir ce que j’ai manqué toute ma vie : ma plus profonde liberté.

Quand le premier son traversa le vide de l'univers, le silence était en embuscade.

Le lac de la chambre 6

 - Bonsoir monsieur. Quel vent vous amène ? - Je viens me reposer. Cela fait longtemps que je marche.  - Vous êtes au bon endroit. Il me reste des belles chambres pour ce soir avec vue sur le lac.  - Merci.  Les deux se regardèrent un instant sans bouger. Un peu gêné par le silence, l'un se retourna pour prendre une clé accrochée à un mur. Il la posa sur le comptoir sans la lâcher. - Je me demande… Où allez-vous ? demanda l'aubergiste. Ce n’est pas comme s'il y avait grand-chose à voir par ici. L'étranger ne répondit pas tout de suite. Il posa son chapeau au-dessus de la main posée sur le comptoir et la désigna du doigt. - Je ne vais pas quelque part en particulier. Je cherche. Je cherche ce qui est invisible de l'extérieur, mais…》 Il souleva son chapeau, 《  Qui bat à l'intérieur. 》L'étranger ouvrit la main de l'aubergiste délicatement. 《Là. Personne ne la voyait, pourtant la clé a toujours existé n'est-ce pas ?》 - J'ai bien peur de...

L'inconnu

Je n’ai pas compris ce que tu me disais hier. Comment ça ma mère est morte ? Si tel était le cas tu ne me l’apprendrais pas, si ? Il est vrai que je ne l’aie pas contacté dernièrement, et il est tout aussi vrai que cela fait des années que je ne l’aie pas vue. Mais comment pourrais-tu savoir une telle chose sur moi que j’ignore ?  Car cette nouvelle est si choquante, si importante, si créatrice de personnalités, qu’elle changerait complètement ma vie. Comment toi, un inconnu que je venais seulement de rencontrer à cette soirée hier soir - que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam - peut être en avance sur moi ? En avance sur mes sentiments les plus profonds ? En avance sur ma vie ? C’est tout simplement impossible. Je ne peux pas avoir raté une telle chose, ce genre d’évènement est si personnel qu’il aurait dû venir à moi naturellement, sans efforts de ma part. Et pourtant tu me soutiens le contraire. Ma mère est morte ? Comment ça, ma mère est morte ? Si tel était le cas, il y...

Je glisse dans la brume : dans ce doux linceul qu'est la réalité.

Adieu la pluie

Sombre nuit. Sombre envolée de fumée. Sombres regards nocturnes. Les yeux fermés. L'esprit encore ouvert. La pluie tapote la vitre doucement. La guitare, au fond, prend la poussière. Elle sonne encore dans ma tête des mélodies nostalgiques. Des photos  en désordre dans un classeur ouvert sur le bureau. Les photos sont belles dans mon esprit. Les personnages sont tous souriants. Un poster usé recouvre le mur à côté de moi.  Il ne fait que pleuvoir ce soir, dans ma chambre à des centaines de mètres au-dessus du monde qui grouille, qui grouille... Mais rien ne va s'effondrer ce soir. Il y a ma plante qui regarde le ciel noir. Elle me rappelle des aventures le long d'un cours d'eau nocturne. Elle me rappelle des souvenirs desséchés. Il n'y aura pas d'événements ce soir, il n'y aura que moi dans cette chambre. Moi et la pluie. Mon corps se détend et mes paupières deviennent lourdes. Je plonge encore plus sensiblement dans mes rêveries. Je regarde un soleil d'...

Grand Frisson

Je vois une vague arriver. Je sais reconnaître Le Grand Frisson quand je l'aperçois de loin. Il arrive ! Retenez votre souffle, plantez vos deux pieds sur terre et commencez à faire virevolter votre esprit dans les cieux. Préparez vous à ressentir, soyez prêt à être distrait, préparez-vous à tout ressentir sans filtre. J'entends la vague arriver, elle approche, elle vient nous sauver. Elle vient nous rappeler à chacun ce que nous avons oublié. Elle nous le rappellera avec sa voix d'enfant. Elle nous murmurera le rythme de nos cœurs. Je sens déjà mon pouls s'accélérer. Je suis en haut du grand huit. La descente est là, si proche. Je descends toutes mes émotions. Je pleure je ris j'ai peur je suis amoureux j'ai la gorge nouée j'ai la boule au ventre j'ai la tête qui tourne je souris je suis soulagé j'ai envie de mourir puis j'ai envie de tout vivre je ne pense qu'à maintenant, qu'à cette vague qui me fouette, qui coule sur moi, qui me prend...

À la fenêtre, le paysage défile comme la vie accélérée d'un triste inconnu.

Pourquoi ?

Réfugié dans une chambre recroquevillée au sixième étage d'un étroit immeuble parisien ; où la pluie frappe distraitement au dessus d'un toit en taule criant ses dernières volontés ; où la vue de la tour Eiffel à la fenêtre est devenue méconnaissable sous une épaisse brume nocturne ; allongé sur un vieux parquet grinçant qui me supplie de partir ; j'écris avec peine sur des feuilles de papier jaunies par le temps, à la lumière d'une bougie solitaire qui sèche mes joues tremblantes et apeurées par la vie que l'on m'a accordé.

Ombre planante

Je vous parle de cette respiration caractéristique de la nuit noire. De ce souffle sans origine d'une nuit sans lune. Comme si tout était soudainement facilité. Comme si tout ralentissait pour mieux voir dans le noir qui grouille. Cette sombre nuit qui nous enveloppe un par un. Qui nous prend par la main vers les heures les plus noires de la journée. Je vous parle de ce qui ne parle pas mais de ce qui observe en embuscade. Je vous parle de ce ciel sans étoiles. Du silence qui s'étend dans l'espace. Qui s'approprie toutes les choses qu'elle touche. Même vous. Elle vous tait. Vous qui vous croyez pourtant si libre. Vous êtes prisonnier de cette nuit obscure. Elle vous englobe doucement, elle qui est inarrêtable. Elle qui éteint les formes autour de vous. Elle qui fait pleurer les enfants. Elle vous attaque vous aussi. N'essayez pas de résister à sa poigne qui agrippe votre cœur. Elle ne vous laissera pas vous échapper. Elle sera toujours là, si près de vous, si in...

Attaché

Différents files de couleurs devant moi. Accessible. Je tire sur la rose. Elle enroule mon cœur. Je tire sur le vert. Elle est mouillée de regrets. Je tire sur la grise. Elle est coupée par l'amertume. Je tire la jaune. Elle enferme mon esprit. Je tire sur la bleu. Elle est infinie. Je tire sur la blanche. Elle disparait sous mes doigts. Je tire sur la noire. Je tire. Je tire. Je sais. C'est la mort qui est au bout.

Ma mort, c'est l'infini de l'univers m'excluant.

Amour intangible

Sous cette demi-lune d'été ; perché en haut de cette tour radio ; pris dans la brise du crépuscule ; au-dessus du grand bleu ; sous le chant des oiseaux et au-dessus de ceux de la mer ; entre deux états, deux mondes, deux vides ; je découvre une lettre d'amour qui m'est adressée.

Iris à perte de vue

Je ne peux pas m'empêcher de la contempler une dernière fois. J'y saisi fortuitement un regard fragile, s'étendant à perte de vue, s'étirant sur une ligne claire et lointaine dont seul le brouillard nostalgique de ses iris limitent l'horizon mélancolique de mes pensées. Aujourd'hui, ce regard perdu me touche ; perçant mon cœur à jour et me rendant désormais à jamais vulnérable de sa vue.

Caverne Allégorique

Il y a longtemps, dans une grotte creusée au flanc d'une montagne enneigée, on pouvait y apercevoir de nouvelles étoiles inconnues des hommes. Quand je me sens loin de chez moi, j'y reviens dans mes pensées, dans cette grotte glacée où brillent des milliers d'astres sur le plafond de cette anfractuosité blanche et bleue ciel. Quand je sens une nouvelle fois ma gorge se nouer, je retourne dans cet espace clos où il n'y a personne, où je suis seul face à l'immensité de l'univers et où je me sens à ma place au milieu de ces joyaux blancs qui brillent et guident un chemin mystérieux, le mien. Quand je me sens cloué sur terre, quand il pleut à l'intérieur, quand tout se tait ; alors je m'emporte au grès de mon vent intérieur, dans cette capsule froide et magique, où l'on peut rêver plus loin que soi, et où la gravité des choses environnantes peuvent enfin se révéler plus légères, prenant de la hauteur, tel des milliers de stalactites remplies de lumière.